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Pièges à éviter Lorsqu'on
intervient dans une ligne ouverte, lors d'une rencontre ou d'un appel à un
député, on peut se faire poser toutes
sortes de questions qui peuvent nous faire dévier de notre objectif; il faut
tenter de les éviter. « Parlez-moi de
votre dossier… » Lors de nos interventions, les personnes à qui on parle (député ou autre) peuvent tenter de nous faire parler de notre dossier à la CSST. Même s’il peut être tentant de confier nos problèmes à notre député, il s’agit d’un piège. Dans les faits, rien ne va se régler dans notre dossier et le député ou la députée aura réussi à détourner l’attention du sujet principal. Il faut donc être alerte et refuser de parler de notre dossier : on ramène la discussion sur la mesure de redressement d’impôt. « Des questions de spécialiste » Lors d’une rencontre ou d’un téléphone, on peut être confronté à des questions très pointues qui concernent la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, la mesure de redressement d’impôt ou encore la fiscalité en général. Il ne faut pas hésiter à dire qu’on est pas spécialiste
de ces questions et refuser d’entrer dans les détails. Par exemple, on peut
dire « Je suis un accidenté du travail. Je ne
suis pas avocat, ni fiscaliste. Je ne connais pas tous les détails de la loi
sur les impôts. Ce que je sais par exemple, c’est que cette mesure est
inacceptable parce qu’elle m'appauvrit et que je dois payer des impôts parce
que j'ai reçu des indemnités non imposables ». « Quand on ne travaille pas, ça coûte moins
cher » On entend parfois que les accidentés du travail épargnent bien des dépenses liées au fait de travailler, comme le transport ou les repas pris à l’extérieur. Il serait donc « normal » qu'ils soient moins payés. Il faut alors parler de toutes dépenses liées au fait d’être accidenté. Par exemple, ça signifie souvent des traitements à chaque jour, en plus de fréquents rendez-vous médicaux. Ces nombreux déplacements entraînent des frais qui ne sont pas complètement couverts par la CSST. On peut aussi donner d’autres exemples de dépenses que la Commission ne rembourse pas : plusieurs types de traitement (comme la massothérapie), les frais d’avocat et d’expertise pour le tribunal, etc. « C’est injuste qu’un accidenté ait plus
d’argent qu’un salarié. Les accidentés
sont sur- indemnisés » La principale justification de la mesure, c’est qu’avant son adoption, certains accidentés gagnaient plus que des travailleurs en emploi. C’est le calcul que font les fiscalistes du ministère des Finances, ce qui leur permet de dire que les accidentés sont « sur-indemnisés ». Contre cet argument, il faut rappeler la perte de beaucoup d'avantages sociaux qui font partie d'un revenu : on ne contribue plus au chômage et à la RRQ, par exemple. On peut perdre beaucoup à la retraite à cause de ça. Les fiscalistes du ministère des Finances n’en tiennent pas compte dans leurs calculs. De plus, il est très fréquent que la CSST retienne un
salaire inférieur à la réalité. Les
fiscalistes font des calculs théoriques mais la réalité est toute autre. On peut d'ailleurs répondre: « Dans la vraie vie, quand je reçois mon chèque à toutes les deux
semaines, j'en reçois pas mal moins ». « En imposant les accidentés, on les incite
à retourner au travail » Cet argument est ridicule : les accidentés ignorent qu’ils vont payer des impôts à cause de leur indemnité jusqu’au moment de faire leur rapport d’impôt au début de l’année suivante. La mesure n’a aucun effet pour encourager des retours au travail hâtifs. De toute façon, on doit pouvoir retourner au travail quand notre santé nous le permet et non parce qu'on s’appauvrit! « Tout le monde paie des impôts au Québec,
pourquoi pas les accidentés du travail? » On peut se faire dire qu’il est normal de payer des impôts (ce qui est vrai). Cependant, il faut rappeler que les indemnités de la CSST sont calculées à partir du salaire net. La CSST retranche donc déjà les impôts et les contributions aux différents régimes lors du calcul de nos indemnités. Ce calcul ne bénéficie pas aux travailleuses et travailleurs mais plutôt aux employeurs. Si le gouvernement voulait réellement être équitable, il ferait en sorte que les indemnités soient basées sur notre salaire brut. Les accidentés pourraient alors payer des impôts et cotiser au régime des rentes, à l’assurance-chômage et au régime québécois d'assurance parentale comme tout le monde. Mais le gouvernement ne fera jamais ça, car ça coûterait trop cher aux patrons. « Les accidentés du travail sont des
fraudeurs » On sait que beaucoup de préjugés sont répandus contre les accidentés du travail et il arrive qu’on entende que plusieurs accidentés sont des fraudeurs. Il faut répondre que c’est une généralisation ridicule et un préjugé tenace entretenu par les patrons, qui ne justifie pas une mesure de redressement d’impôt qui pénalise l’ensemble des accidentés du travail. |